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Sites par métier · 30 min de lecture

Site internet pour agent immobilier : estimations et mandats rentrants

Site internet pour agent immobilier : les 3 pages qui font rentrer des mandats, les mentions obligatoires sourcées texte par texte, et le coût dès 700 € HT.

Par L'équipe ConsilioWEB
Site internet pour agent immobilier : estimations et mandats rentrants
Sommaire

Un site internet pour agent immobilier ne sert pas à vendre des biens : les portails d'annonces s'en chargent déjà, avec une audience qu'aucun site d'agence ne rattrapera. Il sert à faire rentrer des mandats, c'est-à-dire à capter le propriétaire qui pense à vendre et qui cherche un professionnel à qui confier son bien. Cet article décrit les trois pages qui y parviennent, le cadre légal propre à la profession pour ce que le site doit afficher, ce que la règle du démarchage téléphonique entrée en vigueur le 11 août 2026 change pour un formulaire d'estimation, pourquoi recopier les annonces des portails ne rapporte rien, et le budget réel sur trois ans.

Textes lus le 27 octobre 2026 sur Légifrance dans leur version en vigueur, volumes de ventes et indices de prix publiés par l'Insee, créations d'entreprises publiées par l'Observatoire de la création d'entreprise à partir du répertoire Sirene, valeurs foncières publiées par la direction générale des finances publiques. Les éléments d'interprétation cités sont ceux de la DGCCRF, qui ne sont pas un texte mais une lecture administrative. Cet article explique des obligations d'affichage et de publicité, il ne remplace ni un conseil juridique ni l'avis de la chambre de commerce et d'industrie qui a délivré votre carte.

Site internet pour agent immobilier : à quoi il sert, et à quoi il ne sert pas

Commençons par la dépense inutile la plus courante : refaire un portail d'annonces en plus petit. Un acheteur ne cherche pas une agence, il cherche un bien, et il le cherche là où il y en a des centaines de milliers. Votre catalogue de douze mandats ne pèsera jamais face à cette offre, quel que soit le budget mis dans le site.

Le vendeur, lui, fait l'inverse. Il cherche un professionnel, et il le cherche avant d'avoir signé quoi que ce soit : il tape le nom de sa commune, regarde ce que valent les maisons comme la sienne, compare deux ou trois noms, lit des avis. À ce moment précis, il n'existe aucun portail entre vous et lui.

C'est ce déséquilibre qui fixe la mission du site. Côté acheteur, les portails sont déjà en place et vous n'avez rien à y ajouter. Côté vendeur, la place est ouverte, et un site modeste mais juste peut y gagner, parce que vos concurrents locaux y publient en général une plaquette de présentation et rien d'autre.

Le contexte rend ce mandat plus disputé qu'il n'y paraît. Le nombre de ventes de logements anciens est remonté à 958 000 sur les douze mois arrêtés à fin juin 2026, contre 907 000 un an plus tôt, pendant que les prix reculaient de 1,0 % sur le trimestre et de 0,8 % sur un an (Insee, Informations rapides n° 216 du 8 septembre 2026). Plus de ventes et des prix qui cèdent un peu : le vendeur n'est pas pressé, et il prend le temps de comparer deux ou trois professionnels.

Autrement dit, votre site a un seul métier : transformer un propriétaire qui hésite en rendez-vous d'estimation chez lui. Tout ce qui ne sert pas cet objectif est du décor. Nous appliquons la même logique aux sites de gîtes, qui doivent reprendre des réservations aux plateformes plutôt que les imiter.

Ce qui fait rentrer un mandat : trois pages, pas douze

Un site d'agent immobilier qui travaille repose sur trois pages, et les autres ne sont là que pour les soutenir. Les voici dans l'ordre où le propriétaire les rencontre.

La page estimation, point d'entrée du vendeur

C'est la page la plus demandée et la plus mal faite. Elle doit annoncer ce que le propriétaire obtiendra, sous quel délai, et par qui : une fourchette indicative tout de suite, puis une visite sur place pour arriver à un chiffre défendable. Dites-le dans ces termes, parce qu'un propriétaire qui croit recevoir un prix ferme en trois clics se sentira trompé et ne vous rappellera pas.

Précisez aussi ce que vous ne faites pas. Une estimation commerciale n'est pas une expertise de valeur, et un propriétaire en instance de divorce ou de succession a besoin de l'entendre avant de remplir le formulaire.

Voici le plan de cette page, bloc par bloc, à reprendre tel quel :

  • Titre — « Estimer ma maison à [commune] » plutôt que « Estimation gratuite » ;
  • Première phrase — ce que le propriétaire obtient et en combien de temps ;
  • Trois lignes sur la méthode — ventes comparables de la commune, visite sur place, prix de présentation ;
  • Une phrase sur ce que ce n'est pas — ni prix ferme, ni expertise de valeur ;
  • Le formulaire, dans l'ordre des champs ci-dessous ;
  • Sous le formulaire — votre identité, l'usage des informations, la durée de conservation, le lien vers la notice ;
  • Trois ventes récentes de la même commune, pour prouver que vous y travaillez ;
  • Votre numéro de téléphone, visible sans faire défiler la page.

Les biens vendus, votre seule preuve locale

Un vendeur ne juge pas votre vitrine de biens à vendre, il juge votre capacité à vendre. Une page « nos ventes récentes » qui liste, commune par commune, le type de bien, la surface, le mois de signature et le délai entre le mandat et le compromis vaut tous les arguments de plaquette. Trois lignes honnêtes pèsent plus que trente adjectifs.

La ligne type tient en six colonnes : commune, type de bien, surface, mois de signature, délai entre le mandat et le compromis, et une phrase sur ce qui a décidé l'acquéreur. Aucun prix n'est obligatoire, et beaucoup de vendeurs préféreront que vous n'en mettiez pas.

Cette page a un autre mérite : elle est le seul contenu de votre site que les portails ne peuvent pas produire. Eux montrent ce qui est à vendre, vous montrez ce qui s'est vendu.

La page commune ou quartier

Le propriétaire cherche sa commune, pas votre département. Une page par commune où vous avez réellement vendu, avec le marché local décrit en toutes lettres — ce qui s'y échange, ce qui s'y bloque, les délais observés, les acquéreurs qui s'y présentent — vous place sur un terrain que les estimateurs nationaux ne savent pas occuper, parce qu'il demande d'y être allé.

Trois règles pour que ces pages ne se retournent pas contre vous :

  • Une page par commune réellement travaillée, jamais par commune du canton. Dix pages identiques dont seul le nom change sont vues comme du remplissage et ne classent rien ;
  • Du contenu que vous seul pouvez écrire : ce que les acquéreurs demandent sur place, les contraintes d'assainissement ou de réseau, le temps de trajet vers le bassin d'emploi ;
  • Un lien vers l'estimation depuis chaque page, et un numéro de téléphone cliquable, qui se compose d'un seul geste sur un mobile.

L'estimation en ligne : utile, à condition de ne rien promettre

Une estimation en ligne a un intérêt, mais pas celui qu'on lui prête. Elle ne remplace pas votre avis de valeur : elle vous donne l'occasion d'obtenir l'accord du propriétaire pour le rappeler. C'est un formulaire de prise de contact déguisé en service, et il faut l'assumer plutôt que le maquiller.

Ce qui en fait un bon outil, c'est le tri. Un propriétaire qui donne l'adresse, la surface et son échéance vous dit en trois champs s'il faut l'appeler aujourd'hui ou dans six mois.

Les informations à demander, et pas une de plus

Chaque champ obligatoire supplémentaire fait perdre des demandes. Voici la liste que nous recommandons, avec une première question qui conditionne l'affichage du reste :

  • Commune et type de bien (maison, appartement, terrain, local) : obligatoire, c'est ce qui décide si le bien est dans votre secteur ;
  • Surface habitable approximative et nombre de pièces : obligatoire, avec une mention « approximatif » assumée ;
  • Échéance du projet (moins de 3 mois, cette année, je me renseigne) : obligatoire, c'est le champ qui trie votre semaine ;
  • Motif (achat d'un autre bien, succession, mutation, je ne sais pas encore) : facultatif, mais il change entièrement votre premier appel ;
  • Travaux récents et classe énergétique si elle est connue : facultatif, avec une case « je ne sais pas » ;
  • Téléphone ou adresse électronique : l'un des deux au choix du propriétaire ;
  • Une case de demande de rappel, jamais cochée d'avance, dont nous parlons ci-dessous.

Deux mentions se placent juste sous le champ téléphone. D'abord, dites que vous n'appellerez que si la personne vous le demande : le professionnel qui recueille un numéro doit informer le consommateur que toute sollicitation téléphonique commerciale suppose son consentement préalable (article L223-2 du code de la consommation). Ensuite, ne comptez pas rattraper plus tard un accord manquant : ce que le formulaire n'a pas obtenu est perdu.

Sous le formulaire, identifiez votre entreprise, dites à quoi servent ces informations et combien de temps vous les conservez, puis renvoyez vers une notice qui précise la base légale, les destinataires, les droits de la personne et la possibilité de saisir la CNIL (CNIL). Une adresse de bien et un motif de vente sont des informations que les gens ne confient pas à l'aveugle.

Le rappel téléphonique : ce qui a changé le 11 août 2026

Voilà le point que les sites d'agence n'ont pas intégré, et il touche directement le formulaire d'estimation. Depuis le 11 août 2026, il est interdit de démarcher un particulier par téléphone sans son consentement préalable (article L223-1 du code de la consommation, dans sa rédaction issue de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025). Ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque, révocable, et résulter d'un acte positif clair : une case non pré-cochée, par exemple. La charge de la preuve pèse sur vous, pas sur le propriétaire.

La règle vaut pour tous les métiers, et nous l'avions détaillée pour le site d'un menuisier.

Les modalités sont fixées par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026. La demande d'accord doit indiquer votre identité, la nature des services, l'objet du démarchage, la durée du consentement — un an au maximum — et la possibilité de le retirer. Vous enregistrez les informations, la date et l'heure, vous les conservez trois ans, et vous en fournissez gratuitement la preuve au propriétaire qui la demande. Ni case pré-cochée, ni reconduction tacite.

Une précision que beaucoup d'articles rapportent de travers. Il existe bien une exception pour l'appel qui répond à une demande d'information du client, dans les cinq jours ouvrables ; mais l'article R223-4 du même décret la réserve expressément aux produits et services du cinquième alinéa de l'article L223-1, c'est-à-dire la rénovation énergétique, les énergies renouvelables et l'adaptation du logement. Pour une transaction immobilière, il n'y a donc pas d'exception : seul l'accord recueilli par le formulaire vous autorise à rappeler. D'où la case, et l'enregistrement de sa date et de son heure.

Deux précisions utiles. Les créneaux autorisés sont le lundi au vendredi, hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, et vous ne pouvez pas solliciter la même personne plus de quatre fois sur trente jours (article D223-9 du code de la consommation). Appeler en dehors de ces créneaux suppose l'accord exprès du propriétaire pour une date et une heure précises, que vous devez pouvoir attester. Enfin, la transaction immobilière ne figure pas parmi les secteurs interdits même avec accord, contrairement à la rénovation énergétique ; cela ne vous dispense pas de l'accord lui-même.

Chiffrer juste : les ventes réelles sont publiques

Le propriétaire qui vous appelle a souvent déjà un chiffre en tête, pris sur un estimateur automatique. Vous pouvez le contredire, ou vous pouvez vous appuyer sur la même matière première que lui, en mieux.

Les ventes immobilières réelles sont en accès libre. Le jeu de données « Demandes de valeurs foncières » est produit par la direction générale des finances publiques, à partir des actes notariés et des informations cadastrales. Il couvre les cinq dernières années et paraît deux fois par an, en avril et en octobre ; la dernière mise à jour date du 12 octobre 2026, sous Licence ouverte 2.0 (data.gouv.fr). L'Alsace, la Moselle et Mayotte en sont absentes.

Un explorateur public permet de le consulter commune par commune (DVF, Etalab).

Ce que cela change pour votre site, concrètement :

  • Vos pages communes contiennent des chiffres vrais : nombre de transactions, fourchette au mètre carré, écart entre les biens avec et sans travaux, sur une période que vous datez ;
  • Vous expliquez pourquoi votre estimation diffère de celle d'un algorithme : l'état, l'exposition, l'assainissement et le voisinage ne sont pas dans le fichier ;
  • Vous mettez à jour deux fois par an, en avril et en octobre, ce qui donne au site un rythme de publication naturel.

Attention toutefois : ce fichier contient des données à caractère personnel, et deux conditions de réutilisation tombent exactement sur ce que nous venons de conseiller. L'utilisation ne doit pas permettre de ré-identifier indirectement les personnes concernées, et la réutilisation « ne doit pas permettre l'indexation des données depuis les moteurs de recherche externes ». Une moyenne communale ou une fourchette au mètre carré ne sont pas les données : elles en sont tirées, et elles s'indexent sans difficulté. Une table de ventes adresse par adresse, elle, n'a rien à faire sur un site public.

Les mentions obligatoires sur un site internet d'agent immobilier

La profession est encadrée, et votre site est un support professionnel comme un autre, au même titre que pour les métiers soumis à un ordre ou à un agrément. Voici ce que nous avons pu établir en remontant aux textes, avec leur fondement, parce que les listes qui circulent sur le sujet mélangent l'affichage en agence et la publicité en ligne.

Ce qui doit figurer

Fondement

Précision

Numéro de la carte professionnelle et lieu de sa délivrance

Décret n° 72-678, article 92

Sur les documents, contrats et correspondances à usage professionnel

Nom ou raison sociale, adresse, activité exercée

Décret n° 72-678, article 92

Même support

Nom et adresse du garant, le cas échéant

Décret n° 72-678, article 92

Seulement s'il y a une garantie financière

Aucune mention laissant croire à une assermentation, une inscription, une commission, un accréditement ou un agrément

Décret n° 72-678, article 92

Interdiction expresse

« Ne doit recevoir ni détenir d'autres fonds, effets ou valeurs que ceux représentatifs de sa rémunération ou de ses honoraires »

Décret n° 72-678, article 94

Si vous avez souscrit la déclaration de non-détention de fonds. Le texte vise expressément la publicité commerciale, donc votre site. L'exigence de caractères très apparents, elle, porte sur l'affiche de vitrine

Barème des prix maximums pratiqués, toutes taxes comprises, en indiquant à qui incombe chaque rémunération

Arrêté du 10 janvier 2017, article 2

Aisément accessible sur le site et depuis chaque annonce publiée en ligne

Coordonnées du médiateur de la consommation et adresse de son site

Code de la consommation, article R616-1

De manière visible et lisible

Identité, adresse, adresse électronique et numéro de téléphone permettant de vous joindre effectivement, numéro d'inscription au registre du commerce, capital social, adresse du siège, numéro de TVA intracommunautaire

Loi n° 2004-575, article 19

Les mentions légales classiques, dues par tout professionnel

Nom et adresse de l'autorité qui a délivré votre autorisation d'exercer, c'est-à-dire votre chambre de commerce et d'industrie

Loi n° 2004-575, article 19

Pour toute activité soumise à un régime d'autorisation. C'est le meilleur fondement pour porter la carte dans les mentions légales

Référence aux règles professionnelles et titre professionnel

Loi n° 2004-575, article 19

Obligation propre aux professions réglementées. Pour l'immobilier, les règles professionnelles sont le code de déontologie du décret n° 2015-1090 ; il n'existe ni ordre ni organisme d'inscription obligatoire, cette partie de la mention est donc sans objet

Les textes sont consultables en version en vigueur : décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, arrêté du 10 janvier 2017, article R616-1 du code de la consommation, article 19 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique et décret n° 2015-1090 du 28 août 2015 portant code de déontologie, en vigueur depuis le 1er septembre 2015.

Le barème des honoraires : l'obligation la plus oubliée

Celle-là mérite un paragraphe à elle seule, parce qu'elle vise nommément votre site. L'arrêté du 10 janvier 2017, dans sa version applicable depuis le 1er avril 2022, impose que ces informations soient « aisément accessibles » sur tout « service de communication au public en ligne » dédié au professionnel, et depuis toute annonce de vente, de location ou de sous-location non saisonnière publiée sur un « support dématérialisé ». En français courant : votre site, et chaque annonce que vous publiez en ligne.

Trois conséquences pratiques. Le barème est une page du site, et non un fichier à télécharger enfoui dans les mentions légales. Il affiche des prix maximums toutes taxes comprises et dit qui paie quoi. Et s'il dépend de la valeur du bien, il précise les tranches, leur caractère cumulatif ou non, et les éléments de calcul.

La DGCCRF donne en plus un critère mesurable dans ses éléments d'interprétation de l'arrêté : le barème doit être atteignable « en deux clics maximum » depuis la page d'accueil, par exemple dans un onglet explicite du type « nos tarifs » ou « nos honoraires », et « en trois clics maximum » en partant de n'importe où. Même note, règle que beaucoup de barèmes ignorent : les fourchettes de prix ne sont pas admises, puisque l'arrêté exige un prix pour chacune des prestations proposées.

Ce que nous n'avons pas pu établir

Par honnêteté, voici les limites de l'exercice. Aucun texte ne donne une liste intitulée « mentions obligatoires du site internet d'un agent immobilier » : le décret parle de documents, contrats et correspondances professionnels d'un côté, de publicité commerciale de l'autre, et de l'affichage dans les lieux où est reçue la clientèle — ce dernier point ne concerne donc pas un site.

Deuxième limite : l'article 19 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique vise les personnes qui exercent l'activité définie à son article 14, c'est-à-dire le commerce électronique. Un site purement vitrine n'y entre pas à coup sûr, mais cet article 14 englobe la fourniture d'informations en ligne et les communications commerciales ; nous considérons donc la liste comme applicable, sans pouvoir l'affirmer.

Le cas du mandataire indépendant est encore moins écrit. L'article 92 vise les titulaires de la carte ; un agent commercial, lui, travaille sous la carte de son mandant, muni d'une attestation d'habilitation que ce mandant lui délivre après visa du président de la chambre de commerce et d'industrie territoriale (article 9 du même décret). La chambre vise, elle ne délivre pas : c'est donc à votre réseau qu'il faut demander le document, puis la formulation exacte à porter sur votre site, et conserver sa réponse par écrit.

Pourquoi recopier les annonces des portails ne rapporte rien

Venons-en à la dépense que nous déconseillons le plus souvent : la synchronisation complète du catalogue de biens avec le logiciel de transaction, facturée plusieurs milliers d'euros.

Le raisonnement tient en trois temps. Les mêmes annonces, avec les mêmes textes et les mêmes photos, existent déjà sur des portails dont l'autorité est hors d'atteinte : votre version ne sera pas préférée. Un mandat vendu disparaît, ce qui laisse des pages vides ou redirigées en permanence. Et surtout, chaque annonce publiée chez vous vous rend responsable de ses mentions.

Ce que chaque annonce republiée vous impose

Les textes visent l'annonce « présentée au public par un réseau de communication électronique », autrement dit publiée en ligne. Pour un bien soumis à un diagnostic de performance énergétique, les mentions suivantes sont dues :

  • Les classements énergétique et climatique du bien, de façon lisible et en couleur (article R126-22 du code de la construction et de l'habitation) ;
  • Le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard, précédé de cette mention exacte, avec l'année de référence des prix de l'énergie et une taille au moins égale à celle du texte de l'annonce (article R126-23, pour les logements seulement) ;
  • « Logement à consommation énergétique excessive : » pour les logements qui ne respectent pas le niveau de performance exigé, dans les termes fixés par arrêté (article R126-24) ;
  • Le prix de vente, et l'indication de qui paie les honoraires. Si les honoraires sont à la charge de l'acquéreur, le prix apparaît honoraires inclus et honoraires exclus, le premier en caractères plus grands, et le montant des honoraires est donné toutes taxes comprises, en pourcentage du prix hors honoraires, précédé de la mention « Honoraires : ». Si les honoraires sont à la charge du vendeur, le prix affiché ne doit en aucun cas les inclure (arrêté du 10 janvier 2017, article 3) ;
  • Pour une location non saisonnière, le loyer mensuel, les charges récupérables et leurs modalités, le dépôt de garantie, la surface habitable, la commune, et les honoraires à la charge du locataire (même arrêté, article 4).

Chaque erreur se multiplie par le nombre d'annonces, et elle est visible depuis l'extérieur par n'importe quel contrôleur. C'est beaucoup de risque pour des pages qui ne vous apportent pas de mandat.

Ce qu'il faut publier à la place

Trois ou quatre biens en vitrine, choisis, décrits de votre main, avec les mentions dues et un lien vers le portail pour le reste. Puis l'effort reporté sur la page des ventes récentes et sur les pages communes, qui travaillent pour vous toute l'année. C'est aussi ce qui rend la création d'un site internet nettement moins chère qu'un catalogue synchronisé.

Et une règle pour la suite : un bien vendu ne disparaît pas sans rien, sa fiche devient une ligne de la page des ventes récentes. Pour l'ancienne adresse, deux cas. Si elle avait reçu des liens ou des visites, redirigez-la de façon permanente vers la page des ventes récentes. Sinon, laissez-la répondre en erreur : Google recommande un code d'erreur pour une page définitivement retirée, et rediriger des dizaines de fiches vers une même liste finit souvent traité comme une erreur malgré la redirection.

Une réserve, si vous pensez qu'un catalogue vous manquera un jour : c'est votre logiciel de transaction qui décidera de ce qui est possible, pas votre site. Avant de le choisir ou d'en changer, demandez par écrit s'il exporte un flux de biens — un fichier que le logiciel publie et qu'un site extérieur peut relire tout seul — exploitable par un prestataire qui n'est pas lui, à quelle fréquence, et sans surcoût. Un logiciel qui ne sait exporter que vers les portails vous enfermera, quel que soit le prestataire web.

Agent titulaire, mandataire ou réseau : le site ne joue pas le même rôle

Le secteur se peuple de structures très petites, et cela change la nature du besoin. En septembre 2026, le code d'activité 6831Z « Agences immobilières » a enregistré 1 872 créations d'entreprises en France, en hausse de 4,8 % sur un an, dont 87,1 % de micro-entrepreneurs ; c'est la quatorzième activité la plus créatrice du mois (Observatoire de la création d'entreprise, données Insee-Sirene). Autrement dit, la création d'agences se maintient, et la part des indépendants seuls y est écrasante : près de neuf créations sur dix sont le fait d'un micro-entrepreneur.

La majorité des nouveaux entrants sont donc des indépendants seuls, souvent rattachés à un réseau, sans local où le public se présente. Pour eux, trois situations se distinguent :

  • Titulaire de la carte avec une agence : le site complète une vitrine physique et porte les mentions de l'article 92, l'affichage réglementaire restant assuré dans le local ;
  • Mandataire dans un réseau : la page de profil fournie par le réseau vous place parmi des centaines d'autres, sans contrôle sur son contenu ni sur son adresse. Un site propre, même de cinq pages, est le seul endroit où votre nom et votre commune sont le sujet principal. Cette page de profil n'est pas hors champ pour autant. La note de la DGCCRF vise expressément « toute page dédiée à l'activité du professionnel, hébergée sur un site internet n'appartenant pas au professionnel » ; un renvoi vers votre propre site suffit, à condition que le barème s'y atteigne en trois clics au total ;
  • Réseau ou agence multi-sites : le site devient un sujet de gouvernance, avec la question de savoir qui écrit les pages communes et qui répond aux demandes.

Dans les deux derniers cas, l'absence de local renforce le rôle du site : c'est lui qui tient la place de la vitrine. Nous travaillons dans la même configuration, sans lieu qui reçoive la clientèle, et nous nous déplaçons depuis Ussel pour les rendez-vous en Corrèze et dans les départements voisins.

Être trouvé par un propriétaire qui pense vendre

Un site juste mais invisible ne rentre aucun mandat. Les requêtes vendeur sont peu nombreuses et très localisées.

Un avertissement d'abord, parce que peu de prestataires le donnent : sur « estimation maison » ou « prix au mètre carré » suivi d'un nom de commune, les dix premières places sont déjà prises par des estimateurs nationaux qui publient une page par commune, parfois une page par rue. Vous ne les délogerez pas là.

Ce que vous pouvez prendre, c'est ce qu'ils ne savent pas écrire : « vendre une maison à [commune] », « combien de temps pour vendre à [commune] », « quelles maisons se vendent à [commune] ». Moins tapées, mais un texte écrit depuis le terrain y bat une page fabriquée en série.

Côté publicité, le clic sur les requêtes d'estimation se paie cher, parce que ces mêmes réseaux et estimateurs les achètent partout. D'où l'ordre que nous recommandons : les quatre leviers ci-dessous d'abord, la publicité seulement si la zone résiste.

Quatre leviers, dans l'ordre de rendement que nous observons sur des activités locales comparables :

  • La fiche d'établissement Google, avec l'adresse de l'agence si vous recevez du public, la zone desservie si vous travaillez sans local, les services et des photos récentes. C'est elle qui déclenche les appels sur les recherches du type « agence immobilière » suivi d'un nom de commune ;
  • Les avis, demandés systématiquement aux vendeurs après la signature, pas seulement aux acquéreurs. Un vendeur lit les avis d'autres vendeurs ;
  • Les pages communes, qui captent la recherche de celui qui n'est pas encore prêt à appeler ;
  • Les liens depuis les acteurs locaux avec qui vous travaillez déjà : notaires, diagnostiqueurs, artisans. Un lien depuis un site du territoire vers votre page commune vaut mieux que dix annuaires.

Ces quatre leviers relèvent du référencement local et du suivi dans le temps. C'est aussi pour cette raison que notre accompagnement de référencement démarre à 250 € HT par mois, avec un engagement de six mois minimum.

Le calendrier réaliste des six premiers mois

La question que tout le monde pose, et que peu de prestataires écrivent : quand est-ce que ça rentre ? Voici le rythme que nous proposons, en sachant qu'aucun délai de résultat ne se garantit.

  • Semaines 1 à 4 — le site est en ligne : estimation, barème, ventes récentes, une page commune, mentions légales ;
  • Mois 2 — fiche d'établissement Google complétée, premières demandes d'avis aux vendeurs signés dans l'année ;
  • Mois 3 — les premières demandes arrivent en général par la fiche Google, pas encore par le site ;
  • Mois 3 à 6 — une page commune par mois, chacune nourrie des ventes réelles du secteur ; c'est vers le sixième mois que le site lui-même se mesure.

Une dernière échéance, hors calendrier de lancement : en avril et en octobre, les valeurs foncières sont republiées, et vos chiffres communaux se mettent à jour.

Ce qu'il faut pour être cité par une intelligence artificielle

De plus en plus de vendeurs posent la question à un assistant : « quelle agence pour vendre à [commune] ? ». Ces outils citent ce qu'ils peuvent vérifier, et c'est exactement ce que l'article décrit depuis le début.

  • Des faits datés et attribués — un chiffre de marché avec sa source et son mois, pas une affirmation ;
  • Des ventes réelles, commune par commune, qui prouvent que vous exercez là ;
  • Un barème public et lisible, plutôt qu'un « honoraires sur demande » ;
  • Des mentions légales complètes, numéro de carte compris, qui permettent d'identifier l'entreprise sans ambiguïté.

Combien coûte le site internet d'un agent immobilier

Voici notre grille, puis les ordres de grandeur du marché, pour que vous puissiez comparer. Tous nos prix sont hors taxes, et le paiement se fait en trois fois sans frais.

Poste

Première année

Années suivantes

Site vitrine de 5 pages, nom de domaine et hébergement compris

700 € HT

99 € HT par an

Version de 5 à 10 pages : estimation, barème, biens vendus, deux ou trois communes

910 € HT

99 € HT par an

Maintenance d'un site WordPress existant, en option

—

à partir de 40 € HT par mois

Notre offre de maintenance, en option

—

49 € HT par mois au lieu de 75 € HT

Accompagnement référencement, en option

—

à partir de 250 € HT par mois, six mois minimum

Un site d'agent immobilier tient dans la version de 5 à 10 pages : accueil, estimation, barème des honoraires, ventes récentes, deux ou trois pages communes, présentation, contact et mentions légales. La livraison demande trois à quatre semaines, et nous répondons sous 48 heures ouvrées. Sur trois ans, cette version revient à 910 € HT la première année puis 99 € HT par an, soit 1 108 € HT au total, maintenance et référencement non compris.

Pour situer, voici ce que nous avons relevé le 27 octobre 2026 sur des pages de prix publiques, sans nommer personne. Les formules en abonnement démarrent bas : 25 à 79 € HT par mois chez des éditeurs de logiciels qui vendent aussi le site, sans frais de création ou presque. Les forfaits de création s'étagent de 290 € HT chez un généraliste à 2 000 € HT chez un indépendant, et jusqu'à près de 10 000 € HT pour les formules les plus fournies qui affichent un prix. Quand la synchronisation du catalogue est chiffrée à part, nous l'avons vue à 499 € HT.

Contrairement à ce qu'on lit souvent, une partie des éditeurs de logiciels de transaction publie ses tarifs ; d'autres ne les communiquent qu'après une démonstration, ce qui est en soi une information.

Notre grille se situe donc dans la tranche basse, et c'est assumé : elle n'inclut pas la synchronisation du catalogue, dont nous venons d'expliquer qu'elle ne rapporte pas de mandat. Attention aux bases de calcul quand vous comparez ; certaines offres sont affichées hors taxes, d'autres toutes taxes comprises, et les nôtres sont hors taxes. Nous détaillons ailleurs ce que contient un site à 700 € HT la première année, et notre grille complète est publiée.

Avec quoi le faire : trois familles de solutions

Avant de comparer des prix, il faut savoir ce qu'on compare. Trois familles se partagent le marché, et elles ne répondent pas à la même situation.

  • L'abonnement chez un éditeur de logiciel immobilier — le moins cher à l'entrée, un site standardisé, la passerelle avec le logiciel de transaction comprise. Vous louez ; si vous partez, le site reste chez l'éditeur ;
  • La plateforme en libre-service — vous construisez vous-même. Rien à redire sur l'outil, mais le barème, les mentions de l'article 92 et les pages communes resteront à écrire, et ce sont elles qui font le travail ;
  • Le site fait sur mesure par une agence ou un indépendant — plus cher à l'achat, mais le nom de domaine, les contenus et les pages communes sont à vous. C'est ce que nous faisons, et c'est à vous de juger si l'écart se justifie dans votre situation.

Les questions à poser avant de signer

Posez-les avant la commande, pas après la livraison :

  • À qui appartiennent le nom de domaine et le code ? Demandez une réponse écrite, et l'accès au compte où le nom de domaine est enregistré, à votre nom ;
  • Qui met à jour la page des ventes récentes, et à quel prix ? Si chaque ligne ajoutée passe par un devis, la page mourra au bout de six mois ;
  • Le barème des honoraires est-il une page modifiable par vous ? Vos honoraires changeront avant votre site ;
  • Que se passe-t-il si j'arrête ? Faites écrire le sort du domaine, des contenus et des demandes reçues.

Nous appliquons le même raisonnement aux professions encadrées par un texte, comme dans notre article sur le site internet d'un taxi conventionné ou celui d'un architecte soumis à son code de déontologie.

Questions fréquentes

Mon site doit-il afficher mon numéro de carte professionnelle ?

L'article 92 du décret n° 72-678 impose d'indiquer le numéro de la carte professionnelle et le lieu où elle a été délivrée sur les documents, contrats et correspondances à usage professionnel, avec le nom ou la raison sociale, l'adresse et l'activité exercée, ainsi que le nom et l'adresse du garant le cas échéant. Aucun texte ne nomme spécifiquement le site internet, mais un autre le rejoint : l'article 19 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique impose, pour une activité soumise à autorisation, le nom et l'adresse de l'autorité qui l'a délivrée. Les deux conduisent au même endroit, vos mentions légales. Faites valider la formulation par votre chambre de commerce et d'industrie, surtout si vous êtes mandataire sous la carte d'un tiers.

Faut-il republier les annonces des portails sur son site ?

Non, sauf quelques biens choisis. Les mêmes annonces existent déjà sur des portails bien plus visibles, elles disparaissent dès le mandat vendu, et chacune vous rend responsable des mentions dues : classements énergétique et climatique en couleur, montant estimé des dépenses annuelles d'énergie, et un prix présenté selon que les honoraires sont à la charge de l'acquéreur ou du vendeur. Mieux vaut trois biens en vitrine et une page des ventes récentes.

Une estimation en ligne a-t-elle un intérêt ?

Oui, à condition de l'annoncer pour ce qu'elle est : une fourchette indicative qui ouvre un rendez-vous, pas un prix ferme. Son intérêt réel est le tri, grâce au champ qui demande l'échéance du projet. Et depuis le 11 août 2026, prévoyez la case de demande de rappel non pré-cochée, l'enregistrement de sa date et de son heure, et un rappel rapide.

Combien coûte un site d'agence immobilière ?

Chez nous, 700 € HT la première année pour cinq pages avec le nom de domaine et l'hébergement, 910 € HT pour une version de 5 à 10 pages qui couvre l'estimation, le barème et les pages communes, puis 99 € HT par an. Le paiement se fait en trois fois sans frais et la livraison demande trois à quatre semaines. Le marché relevé le 27 octobre 2026 va d'un abonnement à 25 € HT par mois, sans site livré en propre, à près de 10 000 € HT pour les formules les plus fournies ; l'écart porte pour l'essentiel sur la synchronisation du catalogue de biens.

Comment créer un site internet pour une agence immobilière ?

Dans l'ordre : arrêtez d'abord les trois pages qui travaillent (estimation, ventes récentes, commune), puis rédigez le barème des honoraires et les mentions de l'article 92, puis seulement choisissez l'outil. Faire l'inverse, c'est payer une solution avant de savoir ce qu'on y mettra. Comptez trois à quatre semaines de réalisation une fois les contenus prêts, et prévoyez qui mettra la page des ventes à jour, tous les mois, après la livraison.

Un site internet est-il obligatoire pour un agent immobilier ?

Non. Aucun texte n'oblige un professionnel de l'immobilier à avoir un site. En revanche, dès que vous en avez un, il devient un support professionnel soumis aux obligations décrites plus haut, et le barème des prix doit y être aisément accessible, de même que depuis chaque annonce publiée en ligne.

Par où commencer

Si vous êtes arrivé ici en cherchant « site internet agent immobilier », vous cherchiez sans doute un prestataire. Retenez d'abord ceci : reprenez les trois pages dans l'ordre, estimation, ventes récentes, communes travaillées. Ajoutez le barème des honoraires et les mentions de l'article 92, vérifiez votre case de demande de rappel, et laissez les annonces sur les portails. Un site de cette taille se construit en trois à quatre semaines, coûte 910 € HT la première année puis 99 € HT par an, et se juge à une seule chose : le nombre de rendez-vous d'estimation qu'il déclenche.

Si vous voulez un avis sur l'existant ou un chiffrage, demandez un devis gratuit en décrivant votre situation — titulaire de la carte, mandataire ou réseau — et les communes que vous travaillez réellement. Vous pouvez aussi nous écrire directement : nous répondons sous 48 heures ouvrées, et nous nous déplaçons depuis Ussel en Corrèze et dans les départements voisins.

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