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Sites par métier · 9 min de lecture

Site pour profession libérale : ce que l'ordre professionnel autorise

Site internet en profession liberale : la publicite n'est plus interdite. Ce que les ordres autorisent, les 5 interdits communs et le contenu a publier.

Par L'équipe ConsilioWEB
Site internet de profession liberale : cabinet et communication conforme a la deontologie
Sommaire

« Je n'ai pas le droit de faire de la publicité. » C'est la phrase qui revient dès qu'on évoque un site internet avec un professionnel libéral : médecin, kinésithérapeute, avocat, expert-comptable, architecte. Elle était vraie il y a quinze ans. Elle ne l'est plus. Les codes de déontologie ont été profondément assouplis entre 2014 et 2020, et communiquer sur son activité est aujourd'hui autorisé — dans un cadre précis qu'il faut connaître. Voici ce que vous pouvez publier, ce qui reste interdit, et comment construire un site conforme sans renoncer à être trouvé.

L'interdiction générale a disparu, la retenue est restée

Commençons par lever le malentendu de fond. Pendant des décennies, les codes de déontologie des professions réglementées prohibaient « tout procédé direct ou indirect de publicité ». Cette formulation a été jugée incompatible avec le droit européen de la concurrence, qui interdit les interdictions générales et absolues de communication commerciale.

La France a donc corrigé le tir profession par profession : les experts-comptables et les avocats en 2014, les professions de santé fin 2020. À chaque fois, le même mouvement : suppression de l'interdiction de principe, maintien d'exigences de dignité, de loyauté et d'exactitude.

Concrètement, cela signifie qu'un cabinet peut aujourd'hui avoir un site internet, publier des articles, apparaître dans les résultats de recherche et décrire ses domaines d'intervention. Ce qu'il ne peut pas faire, c'est se comporter comme un commerce : promotions, comparaisons avec les confrères, promesses de résultat, témoignages mis en scène.

Professions de santé : ce qui a changé fin 2020

Le tournant date des décrets publiés au Journal officiel le 24 décembre 2020, qui ont modifié simultanément les codes de déontologie des médecins, des chirurgiens-dentistes, des infirmiers, des sages-femmes, des masseurs-kinésithérapeutes et des pédicures-podologues.

Le texte le plus souvent cité est le nouvel article R. 4127-19-1 du code de la santé publique. Il pose que le praticien peut communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet, des informations de nature à contribuer au libre choix du praticien par le patient.

Le principe de non-commercialité de l'exercice, lui, est maintenu. Sont donc attendues des informations « loyales, honnêtes, ne faisant pas appel à des témoignages de tiers, ne reposant pas sur des comparaisons avec d'autres praticiens et n'incitant pas à un recours inutile aux actes de soins ».

En pratique, un cabinet de kinésithérapie peut parfaitement présenter son plateau technique, ses horaires, ses spécialités, l'accès et le stationnement, la marche à suivre pour prendre rendez-vous. Il ne peut pas afficher « le meilleur cabinet du département » ni publier des remerciements de patients.

Avocats : publicité autorisée, mentions obligatoires strictes

Cadre reglementaire du site internet d'une profession liberale en France

La profession d'avocat a été la première à basculer, avec le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014 relatif aux modes de communication des avocats. La publicité personnelle et même la sollicitation personnalisée sont désormais permises.

Le règlement intérieur national de la profession encadre néanmoins le contenu du site. Celui-ci doit permettre d'identifier l'avocat sans ambiguïté : nom et qualité, coordonnées, barreau d'inscription, structure d'exercice et, le cas échéant, réseau auquel il appartient.

Restent proscrites les mentions comparatives, les indications susceptibles de laisser croire à une garantie de résultat, ainsi que tout élément portant atteinte au secret professionnel. Le nom d'un client ou le détail d'une affaire n'ont donc rien à faire sur un site, même avec l'accord de l'intéressé.

Experts-comptables : promotion permise, comparaison exclue

Du côté de l'expertise comptable, l'article 152 du code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable a été réécrit par un décret d'août 2014. Les actions de promotion et de sollicitation sont autorisées.

Le texte pose trois conditions cumulatives : le contenu ne doit comporter aucune inexactitude, ne doit pas être susceptible d'induire le public en erreur, et doit être exempt de tout élément comparatif. La mise en œuvre doit rester empreinte de discrétion et respecter la dignité de la profession.

C'est ce cadre qui permet aujourd'hui à un cabinet comptable d'avoir un site, de publier des articles sur les échéances fiscales ou d'être présent sur les réseaux professionnels. Beaucoup de cabinets ruraux s'en privent encore par prudence excessive, et laissent le terrain à des plateformes nationales bien moins proches de leurs clients.

Les cinq interdits communs à toutes les professions réglementées

Au-delà des différences de texte, cinq lignes rouges se retrouvent presque partout. Les connaître évite 90 % des difficultés.

  1. Aucune comparaison avec des confrères, même implicite. « Plus rapide que les autres cabinets » est disqualifiant.
  2. Aucune promesse de résultat. On décrit une méthode, une expérience, un domaine — jamais une issue garantie.
  3. Aucun témoignage de tiers mis en avant par le professionnel lui-même, ce qui est explicitement visé pour les professions de santé.
  4. Aucune information inexacte ou trompeuse sur les titres, les diplômes, les spécialités. La mention d'un titre non reconnu expose à une procédure disciplinaire.
  5. Aucun procédé racoleur : offre de bienvenue, remise sur les honoraires, compte à rebours, publicité clignotante. Le ton doit rester celui d'une information, pas d'une vitrine promotionnelle.

Ces règles ne vous empêchent pas d'être visible. Elles vous obligent simplement à être visible par la qualité de l'information plutôt que par le volume de la promesse — ce qui, pour un professionnel qui connaît son métier, est plutôt un avantage.

Ce que votre site doit contenir, concrètement

Un site de profession libérale bien construit est souvent plus simple qu'un site commercial. Cinq pages suffisent presque toujours.

Les cinq interdits deontologiques du site internet d'une profession liberale
  • Une page d'accueil indiquant clairement votre profession, votre spécialité principale et votre commune d'exercice — c'est ce qui vous fait remonter sur les recherches locales.
  • Une page cabinet avec l'adresse, l'accès, le stationnement, l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et les horaires réels.
  • Une page parcours présentant vos diplômes, vos titres et votre expérience, sans emphase.
  • Une page domaines d'intervention décrivant ce que vous traitez, et éventuellement ce que vous ne traitez pas — cela évite des rendez-vous inutiles des deux côtés.
  • Une page contact avec téléphone cliquable, formulaire sobre et modalités de prise de rendez-vous.

S'ajoutent les mentions légales obligatoires pour tout site professionnel, ainsi que les mentions propres à votre ordre. Nous détaillons ce socle réglementaire dans notre article sur les sites de professions libérales en Corrèze, qui aborde le versant pratique de l'installation.

C'est exactement le format que couvre notre offre de site vitrine à 700 € la première année, nom de domaine et hébergement compris, puis 99 € HT par an : sans abonnement, sans engagement, et avec un site qui vous appartient — un point qui compte particulièrement quand on exerce en libéral et qu'on peut être amené à déménager son cabinet.

Les avis en ligne : le sujet qui fâche

C'est la question la plus posée, et la réponse mérite d'être nuancée. Vous n'avez pas le droit de solliciter et de mettre en scène des témoignages sur votre propre site si votre code de déontologie l'interdit — c'est le cas pour les professions de santé.

En revanche, vous n'êtes pas responsable des avis déposés spontanément par des patients ou des clients sur des plateformes tierces, et vous ne pouvez pas les empêcher. Ce que vous pouvez faire, c'est y répondre avec mesure, sans jamais révéler qu'une personne est ou a été votre patient — ce qui constituerait une violation du secret professionnel.

Structure en cinq pages d'un site internet de profession liberale

La meilleure protection reste un site de qualité, à jour, qui apparaît avant les plateformes d'avis dans les résultats de recherche. C'est une question de référencement local, sujet que nous traitons dans nos prestations de référencement naturel et que vous pouvez tester avec notre audit SEO gratuit.

Se démarquer sans franchir la ligne

Puisque la promesse commerciale est fermée, la différenciation passe par le contenu utile. Trois leviers fonctionnent particulièrement bien pour les professions libérales.

Expliquer les démarches. Un avocat qui détaille le déroulement d'une procédure prud'homale, un expert-comptable qui explique les échéances de l'année, un kinésithérapeute qui décrit le déroulé d'une première séance : ces contenus répondent à de vraies questions et se positionnent durablement dans Google.

Soigner l'information pratique. Horaires exacts, congés annoncés, modalités de prise de rendez-vous, documents à apporter. C'est ce que cherchent 80 % des visiteurs, et c'est ce qui est le plus souvent négligé.

Assumer votre ancrage géographique. Un cabinet installé à Tulle a tout intérêt à le dire clairement sur son site. Nous l'expliquons sur notre page dédiée à l'accompagnement web à Tulle : sur les recherches locales, la clarté géographique pèse davantage que le volume de contenu.

Questions fréquentes

Un médecin peut-il vraiment avoir un site internet ?

Oui. Depuis les décrets de décembre 2020, le praticien peut communiquer au public par tout moyen, y compris un site internet, des informations contribuant au libre choix du patient. L'information doit rester loyale, exacte, sans témoignages de tiers ni comparaison avec des confrères.

Puis-je faire de la publicité payante sur Google ?

Cela dépend de votre profession et de la doctrine de votre ordre, qui peut être plus restrictive que le texte lui-même. Interrogez votre conseil départemental avant de lancer une campagne : la réponse écrite vous protégera en cas de contestation.

Dois-je faire valider mon site par mon ordre ?

Plusieurs ordres demandent une communication du site ou de son adresse, à titre d'information. Ce n'est pas une autorisation préalable au sens strict, mais l'usage est fortement recommandé, et il permet de lever un doute avant plutôt qu'après.

Puis-je indiquer mes tarifs ?

Oui, et c'est même obligatoire pour certaines professions de santé au titre de l'information du patient. Ce qui est interdit, c'est la présentation promotionnelle des tarifs : réduction, offre limitée, comparaison avec les tarifs pratiqués ailleurs.

Et si mon site actuel comporte des mentions interdites ?

Corrigez-les sans attendre : la plupart des difficultés disciplinaires naissent d'un signalement par un confrère, pas d'un contrôle spontané. Une relecture du site à l'aune des cinq interdits énumérés plus haut prend une heure.

Ce qu'il faut retenir

Un site internet de profession libérale est parfaitement autorisé, quelle que soit votre discipline. L'interdiction générale de publicité a été levée entre 2014 et 2020 ; ce qui subsiste, ce sont des exigences de loyauté, d'exactitude et de retenue, plus quelques interdits précis : pas de comparaison, pas de promesse de résultat, pas de témoignage mis en avant, pas de procédé racoleur.

Autrement dit, la contrainte porte sur le ton, pas sur l'existence du site. Et un cabinet qui explique clairement ce qu'il fait, où il se trouve et comment le joindre remplit à la fois ses obligations déontologiques et ses objectifs de visibilité. Si vous souhaitez qu'on regarde votre projet dans ce cadre, demandez un devis gratuit ou consultez nos tarifs détaillés. Nous accompagnons des cabinets en Corrèze comme partout en France, à distance.

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