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E-commerce · 26 min de lecture

Black Friday 2026 : commerçant, votre prix barré peut vous mettre en infraction

Black Friday 2026, commerçant : votre prix barré doit être le plus bas des 30 derniers jours. Le calcul pas à pas, un exemple chiffré, ce que la DGCCRF regarde.

Par L'équipe ConsilioWEB
Black Friday 2026 : commerçant, votre prix barré peut vous mettre en infraction
Sommaire

Au Black Friday 2026, pour un commerçant, le prix barré n'est pas un argument libre : c'est un chiffre que la loi fixe. Depuis le 28 mai 2022, la règle des 30 jours impose que le prix de référence affiché à côté d'une remise soit le prix le plus bas pratiqué envers tous vos clients au cours des trente derniers jours. La Cour de justice de l'Union européenne a précisé en septembre 2024 que le pourcentage annoncé se calcule lui aussi sur ce prix, et non sur celui de la veille. Le Black Friday tombe le vendredi 27 novembre 2026 : la fenêtre de référence s'ouvre donc le 28 octobre.

Cet article donne la méthode de calcul pas à pas, un exemple chiffré sur un produit fictif, les formulations d'affichage qui tiennent et celles qui ne tiennent pas, le modèle de relevé à tenir, puis le rétroplanning d'ici au 27 novembre. En boutique ou en ligne, la règle est la même.

Textes vérifiés le 27 octobre 2026 dans leur version en vigueur sur Légifrance, sur le site de la DGCCRF et dans le communiqué de la Cour de justice de l'Union européenne. La boutique et la cafetière de l'exemple sont fictives : les montants servent à montrer le calcul, ce ne sont ni des prix relevés sur le marché ni des tarifs ConsilioWEB. Cet article explique une règle d'affichage, il ne remplace pas un conseil juridique.

Black Friday 2026 : pour un commerçant, le prix barré n'est pas un choix libre

La règle tient en une phrase, et elle est écrite noir sur blanc à l'article L112-1-1 du code de la consommation : toute annonce d'une réduction de prix doit indiquer le prix antérieur pratiqué avant la réduction, et ce prix antérieur « correspond au prix le plus bas pratiqué par le professionnel à l'égard de tous les consommateurs au cours des trente derniers jours précédant l'application de la réduction de prix ». Pas le prix de votre catalogue, pas le prix conseillé par votre fournisseur, pas le prix de la veille : le plus bas des trente derniers jours.

L'article a été créé par l'ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021, qui transpose la directive européenne dite « Omnibus ». Il est entré en vigueur le 28 mai 2022. La règle, elle, vaut dans toute l'Union européenne : elle vient de la directive, et vos concurrents étrangers y sont soumis aussi.

Trois précisions comptent pour un commerçant :

  • Le prix barré n'est qu'une forme parmi d'autres. La DGCCRF rappelle, dans sa note « Des règles plus claires contre les faux rabais », que vous restez libre d'afficher la remise en euros (− 10 €), en pourcentage (− 15 %) ou par un prix barré. C'est le chiffre de départ qui n'est pas libre.
  • La règle vise la boutique autant que le site. « Toutes les annonces de réduction de prix sont concernées, qu'elles soient pratiquées en ligne ou dans des magasins », écrit la DGCCRF.
  • Le contrôle est ciblé sur ces périodes. La même note annonce que la DGCCRF vérifiera le respect de ces règles « tout particulièrement » lors des opérations menées à l'échelle nationale, soldes et Black Friday compris.

Autrement dit, la question n'est pas de savoir si vous avez le droit de faire une grosse remise. Vous l'avez. La question est de savoir à partir de quel prix vous la calculez.

Les dates du Black Friday 2026 et la fenêtre de trente jours qui va avec

Le Black Friday est le lendemain du quatrième jeudi de novembre. En 2026, ce jeudi tombe le 26 : le Black Friday est donc le vendredi 27 novembre 2026, et le Cyber Monday le lundi 30 novembre. La « Black Week » n'a aucune définition juridique : c'est une étiquette commerciale, qui couvre en pratique la semaine du lundi 23 au dimanche 29, souvent prolongée jusqu'au Cyber Monday.

Ce calendrier a une conséquence directe. La fenêtre de trente jours ne se compte pas à partir d'une date unique, mais à partir du jour où chaque réduction s'applique. Si vous ouvrez le 23 et fermez le 30, vous n'avez pas une fenêtre, vous en avez trois.

Jour où la remise s'applique

Fenêtre des trente jours à examiner

Lundi 23 novembre 2026 (ouverture d'une Black Week)

du 24 octobre au 22 novembre 2026

Vendredi 27 novembre 2026 (Black Friday)

du 28 octobre au 26 novembre 2026

Lundi 30 novembre 2026 (Cyber Monday)

du 31 octobre au 29 novembre 2026

Deux lectures pratiques de ce tableau :

  • Si vous visez le 27 novembre, tout prix pratiqué à partir du 28 octobre entre dans le calcul. Une opération ponctuelle le 2 novembre, un code promo distribué le 10, une braderie de fin de série le 15 : tout compte.
  • Si vous visez le 23 novembre, la fenêtre a déjà commencé. Le relevé de vos prix depuis le 24 octobre est donc la première chose à reconstituer.

Il existe une façon de simplifier tout cela, et nous y revenons plus bas : annoncer une période déterminée avec des réductions successives, ce qui fige le prix de référence sur celui pratiqué avant la première remise. Si vous n'avez pas encore de boutique en ligne et comptez en ouvrir une pour l'occasion, ces règles d'affichage se règlent dès la création du site e-commerce, pas la veille de l'opération.

Illustration : Les dates du Black Friday 2026 et la fenêtre de trente jours qui va avec

Comment calculer votre prix barré, pas à pas

Cinq étapes suffisent, référence par référence. Elles ne demandent pas de logiciel, seulement un relevé honnête.

  1. Fixez la date d'application. Le jour où le prix remisé sera réellement proposé au client. C'est cette date, et non la date de votre campagne publicitaire, qui ouvre la fenêtre.
  2. Reculez de trente jours. Pour une remise appliquée le 27 novembre 2026, vous examinez la période du 28 octobre au 26 novembre.
  3. Listez tous les prix pratiqués dans cette fenêtre. Prix catalogue, promotions ponctuelles, soldes, codes de réduction accessibles à tous, ventes flash, prix d'un corner en magasin : la loi parle du prix pratiqué « à l'égard de tous les consommateurs ».
  4. Retenez le plus bas. C'est votre prix antérieur, celui que vous barrerez.
  5. Calculez la remise sur ce prix-là. Et seulement sur celui-là, y compris pour le pourcentage affiché.

L'étape 3 mérite une précision, parce que c'est elle qui fait varier le résultat. « À l'égard de tous les consommateurs » est à prendre au mot : n'y faites pas entrer les prix qui n'étaient pas ouverts à tout le monde. Un tarif réservé aux porteurs de votre carte de fidélité, un geste commercial accordé à un seul client ou une vente privée réellement fermée ne sont pas des prix pratiqués envers tous. Un code promo diffusé sur votre page Facebook ou dans une newsletter ouverte à qui veut, lui, compte.

Le critère tient en une question : n'importe qui pouvait-il obtenir ce prix ce jour-là, sans condition d'appartenance ? Si oui, il entre dans le calcul. Cette lecture découle des mots du texte ; elle n'est pas écrite telle quelle dans la loi, et en cas de doute sur une opération fermée, le plus sûr est de l'inclure.

Un seul piège se répète : un commerçant note le prix de la veille, pas le plus bas. Les deux coïncident souvent, mais pas quand une promotion a traversé la fenêtre. Dans ce cas, c'est la promotion qui devient la référence, et votre marge d'annonce fond.

Dernier réflexe de calcul : arrondissez le pourcentage vers le bas. Une remise réelle de 6,29 % s'annonce « − 6 % » sans difficulté. Annoncée « − 7 % », elle devient une réduction plus forte que celle réellement consentie, donc une fausse réduction.

L'exemple chiffré : la cafetière d'une boutique fictive

Prenons une boutique de petit électroménager fictive, qui vend en magasin et sur son site. Une de ses cafetières a connu l'historique de prix suivant.

Période 2026

Prix pratiqué

Dans la fenêtre du 27 novembre ?

Du 1er septembre au 1er novembre

199 €

partiellement, à partir du 28 octobre

Du 2 au 8 novembre (opération anniversaire)

159 €

oui

Du 9 au 14 novembre

199 €

oui

À partir du 15 novembre

219 €

oui

Le 27 novembre (Black Friday)

149 €

—

La fenêtre à examiner va du 28 octobre au 26 novembre. Elle contient trois prix : 199 €, 159 € et 219 €. Le plus bas est 159 € : c'est le prix antérieur, donc le prix barré.

Voyons ce que donnent les trois pourcentages que la boutique pourrait être tentée d'afficher :

  • « − 32 % », calculé depuis 219 €. Faux : 219 € n'est pas le prix le plus bas de la fenêtre, et la hausse du 15 novembre ne déplace pas la référence.
  • « − 25 % », calculé depuis 199 €. Faux aussi : 199 € a bien été pratiqué, mais il n'est pas le plus bas.
  • « − 6 % », calculé depuis 159 €. C'est le seul chiffre annonçable, pour une remise réelle de 6,29 %.

Le résultat est désagréable, et c'est tout l'intérêt de l'exemple : une remise de 50 € sur une cafetière à 199 € ne vaut « que » − 6 % au regard de la loi, parce que la boutique a fait une promotion trois semaines plus tôt. Pour annoncer réellement − 25 %, il lui faudrait descendre à 119,25 €, soit 159 € moins un quart.

La variante qui change tout : décaler la promotion

Imaginons la même boutique avec un seul changement : l'opération anniversaire a lieu du 2 au 8 octobre, et non de novembre. La fenêtre du 27 novembre ne contient plus alors que 199 € et 219 €. Le prix antérieur devient 199 €, et les 149 € du Black Friday représentent une remise de 25,1 % : « − 25 % » s'affiche sans difficulté.

Même produit, même prix de vente, même client. Seul le calendrier a bougé. C'est pour cette raison que la décision de remiser au Black Friday se prend à la fin du mois d'octobre, pas la troisième semaine de novembre.

Et la hausse de prix « préparatoire » ?

Elle ne sert à rien, et elle se retourne contre vous. Monter la cafetière à 219 € le 15 novembre n'a pas créé de prix de référence : la loi ne retient que le plus bas. En revanche, cette hausse reste visible dans la fenêtre, dans vos propres exports comme dans les comparateurs de prix, et elle documente l'intention.

C'est exactement le mécanisme que la Cour de justice de l'Union européenne a condamné dans son arrêt C-330/23 du 26 septembre 2024 (affaire Aldi Süd). Un distributeur annonçait ses réductions depuis le prix immédiatement antérieur : une banane passée de 1,69 € à 1,29 €, alors que 1,29 € était justement le prix le plus bas des trente derniers jours. La Cour a jugé qu'une réduction annoncée « sous la forme soit d'un pourcentage, soit d'une mention publicitaire visant à mettre en avant le caractère avantageux d'une offre de prix » doit être déterminée sur la base du prix le plus bas appliqué pendant une période d'au moins trente jours. Les deux textes sont publics : le communiqué de presse n° 152/24 et l'arrêt sur EUR-Lex.

Deux enseignements pour votre affichage. D'abord, une mention du type « prix choc » ou « offre exceptionnelle » n'échappe pas à la règle. Ensuite, indiquer le prix le plus bas des trente jours quelque part dans l'annonce ne suffit pas si le pourcentage mis en avant, lui, est calculé sur un autre prix.

Black Friday 2026 : le commerçant, le prix barré et les trois exceptions

Le texte prévoit trois cas où la règle se lit autrement. Ils sont souvent mal compris, et deux d'entre eux sont utiles au commerce.

1. Les réductions successives pendant une période déterminée. Si vous annoncez une opération bornée dans le temps avec des remises qui se creusent, le prix antérieur reste « celui pratiqué avant l'application de la première réduction de prix ». Concrètement, une boutique qui lance une opération du 23 au 30 novembre à − 20 %, puis − 30 % le 27, puis − 40 % le 30, garde le même prix de référence pour les trois paliers. Deux conditions découlent du texte : la période doit être déterminée et annoncée comme telle, et les paliers doivent appartenir à la même opération, pas à trois campagnes indépendantes.

2. Les produits périssables menacés d'une altération rapide. Cette première partie de l'article ne s'applique pas à eux. Un primeur qui brade ses fraises en fin de journée, un traiteur qui baisse le prix de ses plats du jour à la fermeture ne sont pas tenus au prix de référence des trente jours. L'exception est étroite : elle concerne l'altération rapide, pas la fin de saison ni la date de péremption lointaine.

3. La comparaison avec les prix d'autres professionnels. La fin de l'article met de côté « les opérations par lesquelles un professionnel compare les prix qu'il affiche avec ceux d'autres professionnels ». Mais ce n'est alors plus une réduction, et la DGCCRF demande d'informer clairement le client qu'il s'agit d'une comparaison et de lui dire de quel prix il s'agit : prix conseillé du fabricant, prix habituellement constaté, etc. Barrer un prix conseillé en laissant croire à une baisse de votre propre prix est précisément ce que la règle interdit.

Quel régime pour quelle opération

Ce tableau récapitule ce que chaque type d'opération exige. Il ne couvre que les cas tranchés par le texte : pour un lot ou un « deux achetés, un offert », la loi ne dit rien de précis, et le plus sûr est d'afficher le prix unitaire habituel sans parler de pourcentage.

Votre opération

Prix de référence des 30 jours exigé ?

Ce que vous affichez

Le piège

Remise simple sur une référence

Oui

Le prix antérieur en chiffres, à côté du prix remisé

Prendre le prix de la veille au lieu du plus bas

Paliers annoncés sur une période déterminée

Oui, figé au prix d'avant le premier palier

Les dates de l'opération et le prix d'avant le premier palier

Enchaîner trois campagnes séparées en croyant être sur une seule

Produit périssable bradé en fin de journée

Non

Le prix du jour suffit

Étendre l'exception à la fin de saison

Comparaison avec un prix conseillé ou un concurrent

Non, mais ce n'est plus une réduction

La mention « comparaison » et la nature du prix comparé

Barrer le prix conseillé comme s'il s'agissait du vôtre

Produit en vente depuis moins de 30 jours

Oui, sur la période réellement écoulée

Le plus bas prix depuis la mise en vente, ou aucun prix barré

Inventer un prix barré que le produit n'a jamais eu

Opération présentée comme des soldes

Interdit hors période légale

« Promotion », « offre », « notre prix Black Friday »

Le mot « soldes », qui coûte 15 000 euros d'amende

Trois affichages conformes, trois à éviter

Voici, sur la cafetière de l'exemple, ce qui tient et ce qui ne tient pas. Les formulations sont transposables à n'importe quelle référence.

Affichage conforme

Pourquoi il tient

« 149 € au lieu de 159 € — prix le plus bas pratiqué du 28 octobre au 26 novembre »

Le prix antérieur est exact et la fenêtre est explicite : le client vérifie tout seul.

« 149 € au lieu de 159 €, soit − 6 % sur le prix le plus bas des trente derniers jours »

Le prix antérieur est affiché en chiffres, comme l'exige le texte, et le pourcentage est calculé sur ce prix-là.

« 119,25 € au lieu de 159 € — − 25 % — offre valable du 27 au 30 novembre »

La remise annoncée correspond réellement au prix de référence, et l'opération est bornée.

Affichage à éviter

Le problème

« 149 € au lieu de 219 € — − 32 % »

219 € n'est pas le prix le plus bas des trente derniers jours. C'est le cas d'école de la fausse réduction.

« Prix conseillé 229 € — notre prix 149 € », présenté comme une remise

Un prix conseillé n'est pas un prix antérieur. Si vous comparez, dites que c'est une comparaison et précisez la nature du prix.

« − 30 % » affiché toute l'année sur la fiche produit

Pour la DGCCRF, un prix barré permanent peut être regardé comme dépourvu de réalité économique, puisqu'il n'est pas ou très peu pratiqué.

Un pourcentage seul ne suffit jamais : le texte impose d'indiquer le prix antérieur, c'est-à-dire un montant. « − 40 % » sans chiffre de départ est une annonce incomplète, même si votre calcul est juste.

Un détail d'affichage qui coûte cher : les dates. En 2024, une enseigne de cosmétiques a reçu un avertissement pour avoir affiché de prétendues promotions à l'occasion du Black Friday « sans indiquer ni les dates de promotion, ni de prix de référence ». Mettre les dates de début et de fin à côté du prix règle une bonne partie du sujet.

Ce que la DGCCRF contrôle, et ce qu'elle a trouvé

Deux séries de chiffres encadrent le Black Friday 2026. La première est européenne : pendant le Black Friday et le Cyber Monday 2025, la Commission européenne et vingt-cinq autorités nationales ont passé au crible 314 marchands en ligne. Résultat : 94 % annonçaient des réductions, mais seuls 40 % respectaient pleinement les règles européennes sur les annonces de réduction de prix. Le même balayage relève que 18 % des marchands utilisaient des techniques de pression — compte à rebours, « plus que deux en stock » — dont plus de la moitié paraissaient trompeuses, et que 10 % ne révélaient des frais obligatoires qu'en fin de parcours d'achat (Commission européenne, balayages de protection des consommateurs).

La seconde est française, et c'est celle qui vous concerne en cas de contrôle. Elle vient de la page de la DGCCRF « Black Friday » : gare aux fausses promesses, publiée le 24 novembre 2025. Elle s'appuie sur l'enquête conduite en 2024 sur l'information des consommateurs sur les prix et leurs réductions, menée auprès de près de 5 300 établissements (grandes surfaces, boutiques, foires) et 350 sites internet, notamment à la suite de signalements déposés sur SignalConso.

Les résultats de cette enquête, à lire comme ceux d'une enquête ciblée et non d'un sondage aléatoire :

  • Un tiers des établissements proposant des réductions ou des promotions étaient en anomalie : remises exagérées, voire inexistantes.
  • 10 % des établissements contrôlés ont fait l'objet d'injonctions de mise en conformité ou de procès-verbaux, selon la gravité des manquements.
  • Sur le volet plus large de l'affichage des prix et de la concordance entre le prix en rayon et le prix en caisse, des manquements ont été relevés dans la moitié des établissements et sur un tiers des sites internet.
  • Au total, 1 762 avertissements, 489 injonctions et 890 procès-verbaux.

La DGCCRF cite nommément quatre pratiques dans cette page. Elles recoupent les erreurs les plus faciles à commettre de bonne foi : l'absence de prix de référence et les promotions « permanentes » d'un côté, les annonces du type « − 70 % » quand très peu de références ou de stocks sont concernés et l'usage indu des mots « soldes » ou « liquidation » de l'autre.

Ne dites pas « soldes » pour le Black Friday

Le Black Friday n'est pas une période de soldes, et le mot n'est pas disponible. L'article L310-3 du code de commerce réserve les soldes à deux périodes par année civile, dont les dates sont fixées par arrêté du ministre chargé de l'économie, et impose que les produits soldés aient été proposés à la vente et payés depuis au moins un mois. Son II interdit d'employer le mot « solde » ou ses dérivés pour désigner une activité, une enseigne ou une qualité qui ne correspond pas à une vente en soldes au sens du texte. L'emploi du mot hors d'une opération de soldes est puni à lui seul de 15 000 euros d'amende (article L310-5, 4° du même code).

Il y a plus net encore, et c'est la disposition la plus directement taillée pour le Black Friday. L'article L121-4, 23° du code de la consommation range parmi les pratiques réputées trompeuses le fait, dans une publicité, « de donner l'impression, par des opérations de promotion coordonnées à l'échelle nationale, que le consommateur bénéficie d'une réduction de prix comparable à celle des soldes […] en dehors de leur période légale ». « Réputée » veut dire qu'il n'y a rien à démontrer : la pratique est trompeuse par définition, et elle relève des peines vues plus haut. Vendez votre opération pour ce qu'elle est, pas pour des soldes déguisés.

Le vocabulaire sûr existe, et il vend très bien : « promotion », « offre », « remise », « − 25 % », « notre prix Black Friday ». Méfiez-vous en revanche de « liquidation », « tout doit disparaître » et « cessation d'activité » si la réalité ne suit pas.

Sur ce point, une formalité a disparu. La déclaration préalable en mairie pour une vente en liquidation a été supprimée par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, qui a abrogé l'article L310-1 du code de commerce. Mais annoncer une cessation d'activité qui n'aura pas lieu reste une pratique réputée trompeuse (article L121-4, 14° du code de la consommation), là encore sans qu'il y ait quoi que ce soit à démontrer.

Ce que votre site doit savoir faire pour tenir la règle

Le plus gros obstacle n'est pas juridique, il est technique : la plupart des boutiques en ligne écrasent l'ancien prix sans en garder la trace. Le jour du contrôle, le commerçant n'a plus rien à opposer. Si vous vendez en ligne, cinq capacités valent la peine d'être vérifiées avant le 23 novembre.

  • Un historique daté des prix. Au minimum un export de votre catalogue, horodaté, une fois par semaine pendant la fenêtre. C'est votre seule preuve.
  • Un champ de prix de référence distinct du prix de vente. La plupart des boutiques en gèrent un, avec des dates de début et de fin de promotion : utilisez ces dates plutôt que de modifier le prix à la main.
  • L'affichage d'une phrase sous le prix. Pour écrire « prix le plus bas pratiqué du 28 octobre au 26 novembre », il faut que votre fiche produit accepte une mention libre à cet endroit.
  • Une date de fin systématique. Une promotion sans date de fin finit par devenir permanente, ce qui est justement l'un des reproches de la DGCCRF.
  • La cohérence entre le site, la caisse et les réseaux sociaux. Une affiche en vitrine, un e-mail ou une publication Facebook qui annonce un pourcentage est une annonce de réduction comme une autre.

Sur Shopify, WooCommerce et PrestaShop, ces cinq points sont des réglages et non une refonte. Sur un site plus ancien ou développé sur mesure, il faut regarder au cas par cas : parfois le champ de prix de référence n'existe tout simplement pas. Nous traitons ces réglages dans nos projets de création de site e-commerce, et notre comparatif Shopify ou WooCommerce détaille comment chacun gère les prix promotionnels. Pour un commerce qui vend en boutique et veut seulement annoncer ses opérations en ligne, un site vitrine avec une page d'offres suffit souvent.

Le relevé de prix, colonne par colonne

L'article vous dit trois fois de tenir un relevé ; voici à quoi il ressemble. Sept colonnes suffisent, et une ligne par changement de prix. La preuve pèse sur vous : cet export horodaté n'est pas une précaution, c'est votre dossier.

Référence

Date du changement

Prix TTC

Canal

Ouvert à tous ?

Pièce justificative

Plus bas prix sur 30 jours

CAF-R5

02/11/2026

159 €

Boutique et site

Oui

Export catalogue du 02/11

159 €

CAF-R5

09/11/2026

199 €

Boutique et site

Oui

Export catalogue du 09/11

159 €

CAF-R5

15/11/2026

219 €

Boutique et site

Oui

Export catalogue du 15/11

159 €

La colonne « ouvert à tous ? » est celle qu'on oublie, et c'est elle qui tranche les cas limites de l'étape 3. La dernière colonne se recalcule à chaque ligne : c'est votre prix barré du jour.

Le rétroplanning du commerçant d'ici au 27 novembre

Ce calendrier est écrit pour le Black Friday du 27 novembre 2026. Si vous le lisez plus tard, la logique ne change pas, seules les dates bougent : comptez trente jours avant le jour où votre remise s'appliquera, et décalez tout le reste d'autant.

  1. Première étape, le jour où vous lisez ceci. Arrêtez la liste des références que vous remiserez, et relevez leur prix du jour. C'est le point de départ de votre preuve.
  2. Au plus tard le 27 octobre au soir. Terminez toute promotion en cours que vous ne souhaitez pas voir devenir votre prix de référence : une promotion arrêtée ce soir-là sort de la fenêtre du 27 novembre.
  3. Du 28 octobre au 26 novembre. Tenez le relevé décrit plus haut, codes promo et ventes flash compris. Un export hebdomadaire du catalogue y suffit.
  4. Ne montez aucun prix dans la fenêtre. La hausse n'améliore pas la remise affichable, et elle reste visible.
  5. Semaine du 16 novembre. Référence par référence, calculez le prix le plus bas de la fenêtre, puis la remise réellement annonçable. Ajustez vos prix de vente si le pourcentage visé ne sort pas.
  6. Avant le 23 novembre. Si vous ouvrez dès la Black Week, refaites le calcul sur la fenêtre du 24 octobre au 22 novembre, qui n'est pas la même.
  7. Le 26 novembre au soir. Conservez un export ou des captures horodatées de vos prix, site et étiquettes.
  8. Le 27 novembre. Affichez le prix antérieur à côté du prix remisé, avec les dates de l'opération.
  9. Après le 30 novembre. Clôturez l'opération à la date annoncée. Si vous la prolongez, dites-le explicitement — et sachez ce que cela coûte : au-delà de trente jours, votre prix promotionnel devient lui-même le prix le plus bas de la fenêtre. La promotion suivante devra donc partir de lui. Une remise prolongée n'est plus une remise, c'est votre nouveau prix.

Cette liste ne demande pas d'outil particulier : un tableur et une discipline de relevé font l'affaire pour une petite boutique. Si le budget de la boutique elle-même est votre vraie question, notre article sur le prix d'un site e-commerce pour une petite entreprise chiffre le projet ligne par ligne.

Questions fréquentes

Puis-je annoncer « − 50 % » si le produit vient d'augmenter ?

Non. Le pourcentage se calcule sur le prix le plus bas pratiqué pendant les trente jours précédant la remise, pas sur le prix de la veille : c'est ce que la Cour de justice de l'Union européenne a jugé le 26 septembre 2024 dans l'affaire C-330/23. Une hausse récente n'entre pas dans le calcul, elle reste simplement dans la fenêtre. Pour afficher − 50 %, il faut que le prix remisé soit bien la moitié du plus bas prix de ces trente jours.

La règle s'applique-t-elle en boutique physique ou seulement en ligne ?

Les deux. La DGCCRF l'écrit sans ambiguïté : les nouvelles règles s'appliquent « sur les ventes en ligne comme hors ligne », et « toutes les annonces de réduction de prix sont concernées, qu'elles soient pratiquées en ligne ou dans des magasins ». Une affiche en vitrine, une étiquette en rayon, un e-mail à vos clients ou une publication sur les réseaux sociaux sont des annonces de réduction au même titre qu'une fiche produit.

Et pour un produit lancé il y a moins de trente jours ?

L'article L112-1-1 ne prévoit pas d'exception pour les nouveautés. La directive européenne laissait pourtant aux États la possibilité de retenir une période plus courte pour les biens mis en vente depuis moins de trente jours, comme le rappellent les lignes directrices de la Commission européenne ; la France n'a pas utilisé cette faculté. La lecture prudente consiste donc à retenir le prix le plus bas pratiqué depuis la mise en vente ; et si le produit n'a jamais été vendu à un prix non promotionnel, mieux vaut ne pas barrer de prix du tout et parler de « prix de lancement », sans référence chiffrée.

Que risque un commerçant contrôlé ?

Dans l'ordre : un avertissement, une injonction de mise en conformité, puis un procès-verbal — le constat écrit de l'enquêteur, transmis ensuite soit à la DGCCRF pour une amende, soit au procureur. Une fausse réduction est une pratique commerciale trompeuse, punie par l'article L132-2 du code de la consommation de deux ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende, portés à cinq ans et 750 000 euros lorsque l'infraction est commise au moyen d'un service de communication au public en ligne ou d'un support numérique. Pour une société, le maximum de l'amende est quintuplé en application de l'article 131-38 du code pénal. L'amende peut aussi être portée à 10 % du chiffre d'affaires moyen annuel ou à 50 % des dépenses engagées pour la publicité en cause.

Que se passe-t-il si je prolonge ma promotion au-delà de 30 jours ?

Votre prix promotionnel devient lui-même le prix le plus bas de la fenêtre, et donc votre nouveau prix de référence. La remise suivante devra partir de lui, pas du prix d'avant l'opération. C'est le mécanisme qui crée les promotions dites « permanentes », que la DGCCRF regarde comme dépourvues de réalité économique. Si vous prolongez, annoncez-le clairement et acceptez que votre marge d'annonce se réduise d'autant la fois d'après.

Quelle est la législation concernant les prix barrés ?

Elle tient à l'article L112-1-1 du code de la consommation, en vigueur depuis le 28 mai 2022. Toute annonce de réduction doit indiquer le prix antérieur, qui est le prix le plus bas pratiqué envers tous les consommateurs pendant les trente derniers jours. La forme de l'affichage reste libre — euros, pourcentage ou prix barré — mais le montant de départ ne l'est pas, et un pourcentage affiché seul, sans montant de référence, ne suffit pas. Trois cas échappent à cette règle : les réductions successives sur une période déterminée, les produits périssables menacés d'altération rapide et les comparaisons avec les prix d'autres professionnels.

Dois-je afficher la fenêtre de trente jours sur ma fiche produit ?

Le texte impose d'indiquer le prix antérieur, pas de détailler la période. Mais nommer la fenêtre, comme dans « prix le plus bas pratiqué du 28 octobre au 26 novembre », coûte une ligne et rend votre remise vérifiable par le client. C'est aussi, en cas de contrôle, la démonstration la plus simple que le calcul a été fait.

Par où commencer

Le prix barré du Black Friday 2026 ne se décide pas, il se calcule. Trois gestes couvrent l'essentiel : arrêter dès maintenant la liste des références à remiser, cesser avant le 28 octobre toute promotion que vous ne voulez pas voir devenir votre prix de référence, et relever vos prix chaque semaine jusqu'au 26 novembre. Le reste n'est qu'une soustraction, et une mention de deux lignes sous le prix.

Votre boutique en ligne ne garde pas l'historique de vos prix, ou vous ne savez pas où afficher le prix de référence sur vos fiches produits ? Décrivez votre cas sur notre page devis gratuit ou par le formulaire de contact : réponse sous 48 h ouvrées. Nous nous déplaçons depuis Ussel pour en parler sur place si vous êtes en Corrèze ou à proximité.

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